CEDEAO : Lancement à Conakry des journées de sensibilisation sur sa Cour de Justice
Pour la première fois en Guinée, la Cour de justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) organise en Guinée des journées de sensibilisation et de communication sur la Cour de Justice.
La cérémonie de lancement s’est ce mercredi 13 mai 2026 au tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à Kaloum. Plus qu’une simple session juridique, cet événement se veut une véritable opération de rapprochement entre la justice communautaire et le justiciable. L’objectif est de briser les barrières avec une institution souvent perçue comme abstraite. En détaillant ses mécanismes de saisine et son fonctionnement, la Cour espère encourager les citoyens à faire valoir leurs droits à l’échelle régionale.
Du 13 au 14 mai, la Cour déploie un dispositif de sensibilisation ambitieux pour lever le voile sur ses compétences. L’enjeu est de rendre la justice communautaire accessible et compréhensible. Pour garantir une large diffusion de l’information, la session mobilise un large éventail de professionnels du droit, d’étudiants et de nombreux acteurs des médias.
Le président de la Cour suprême de Guinée, Fodé Bangoura, a salué cette initiative en rappelant qu’une « justice lointaine est une justice inefficace ». Pour lui, le succès de l’intégration régionale repose sur la capacité des acteurs locaux à s’approprier les textes de la CEDEAO.
« L’effectivité de cette juridiction demeure étroitement liée à sa connaissance et son appropriation par les acteurs nationaux », a-t-il affirmé, tout en plaidant pour une meilleure harmonisation entre les lois nationales et les normes communautaires.
Dans son intervention, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara a souligné que la Cour de Justice de la CEDEAO incarne une avancée majeure dans le processus d’intégration juridique de l’espace communautaire. Malgré les défis restants, elle constitue un instrument essentiel de garantie de l’État de droit et de protection des droits humains.
« La portée effective de cette juridiction reste tributaire d’un facteur déterminant : sa connaissance par les acteurs nationaux. C’est précisément à ce défi que répondent ces journées de sensibilisation », a fait remarquer le Garde des Sceaux.
À noter : Si les deux premières journées (13 et 14 mai) sont dédiées à la communication, les jours suivants seront exclusivement consacrés aux audiences hors siège.