CRIEF : Le procureur Alphonse Charles Wright ouvre une enquête sur une escroquerie présumée portant sur 100 kg d’or
Une affaire de grande envergure secoue le secteur aurifère. Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a ordonné à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) de lancer une enquête préliminaire. Cette décision fait suite à une plainte déposée le 7 octobre 2026 par Me Mountaga Kobélé Keita, agissant pour le compte d’Aboubacar Doukouré.
Visant Mohamed Lamine Konaté, Louck Men Diakité, Salia Yéyé ainsi que plusieurs complices présumés, la plainte met en lumière un stratagème sophistiqué d’escroquerie internationale évalué à plus de 4,3 milliards de francs CFA.
Selon les éléments rapportés par le plaignant, l’affaire débute par un accord commercial portant sur une transaction de 100 kilogrammes d’or conclu avec Louck Men Diakité, présenté comme un professionnel du secteur. Pour mener à bien l’opération, Aboubacar Doukouré affirme avoir versé 476 000 dollars américains en frais de raffinage et de formalités, en plus de taxes diverses représentant 7 % de la valeur de la marchandise.
Alors que le transport initial par des compagnies aériennes régulières était envisagé, les partenaires ont finalement opté pour un acheminement de Bamako vers Conakry via la Guinée, jugé « plus sûr ». L’or aurait ainsi voyagé sous la supervision de Salia Yéyé, présenté comme le frère de Louck Men Diakité.
À l’arrivée de la cargaison en Guinée, le calvaire du plaignant se poursuit : le colis est prétendument intercepté par les douanes. Un transitaire exigera alors un nouveau versement équivalant à 2,5 % de la valeur de l’or pour débloquer la situation.
Après de prétendues négociations, M. Doukouré aurait réglé 211 000 dollars supplémentaires, suivis de paiements équivalents au double de cette somme en Côte d’Ivoire et au Ghana. Au total, en plus de 400 millions de FCFA consacrés à l’achat initial de l’or, le plaignant se retrouve ruiné, sans avoir reçu le moindre gramme de métal précieux ni obtenu le remboursement de ses fonds.
Saisi de l’affaire, le procureur spécial Alphonse Charles Wright entend faire toute la lumière sur ce dossier. Les enquêteurs de l’ORDEF ont pour mission d’identifier l’ensemble des protagonistes, de chiffrer précisément les montants versés et de retrouver la trace des 100 kg d’or en vue d’une éventuelle saisie et d’un placement sous scellés.
Par ailleurs, l’audition de Kankou Moussa est d’ores et déjà prévue afin de confirmer ou d’infirmer la réalité des opérations de raffinage mentionnées dans la plainte.
Rédaction