Droits des femmes : à Conakry, l’Afrique francophone s’associe pour concrétiser le Protocole de Maputo
Passer des signatures formelles aux actes concrets : c’est l’ambition centrale de la Table ronde ministérielle de haut niveau qui s’est ouverte ce mercredi 7 octobre 2026 à Conakry. Dédiée à la ratification, la domestication et l’application effective du Protocole de Maputo, cette rencontre entend positionner la capitale guinéenne comme le cœur du dialogue et de l’action pour les droits des femmes en Afrique francophone.
Le rassemblement réunit un large éventail de délégations et d’acteurs institutionnels venus de plus de dix pays de la région (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Niger, RCA, RDC, Sénégal, Tchad et Togo). Tous partagent un défi commun : dépasser la simple valeur juridique du texte, adopté en 2003, pour l’ancrer durablement dans les législations nationales, les budgets publics et les réalités quotidiennes.
Ouvrant officiellement les travaux, la ministre guinéenne de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Aminata Kaba, a souligné l’urgence d’une transition vers l’action directe, rappelant le rôle historique de la Guinée dans les dynamiques continentales ayant mené à la création du texte original.
Pour soutenir cette dynamique, le Centre ODAS, coorganisateur de l’événement, a réaffirmé son engagement aux côtés des gouvernements. Actif en Guinée depuis 2024 ainsi que dans plusieurs pays de la sous-région, le Centre a notamment mobilisé plus de 600 000 dollars en Côte d’Ivoire et au Bénin pour appuyer le plaidoyer en faveur du Protocole. Son approche se veut sur mesure : accompagner la convergence vers un cadre continental unique tout en respectant les spécificités juridiques et constitutionnelles de chaque État.
À l’issue des échanges, les participants doivent adopter la Déclaration de Conakry, un document stratégique destiné à guider les prochaines étapes politiques et législatives à l’échelle régionale. Pour la ministre Aminata Kaba, l’objectif est clair : faire en sorte que la protection des femmes cesse d’être une promesse théorique pour devenir « une réalité vécue par chaque femme et chaque fille d’Afrique ».
Alors que les travaux de fond succèdent aux cérémonies d’ouverture, l’enjeu réel de ce sommet résidera dans la capacité des États participants à traduire ces intentions en lois applicables, en mécanismes de protection accessibles et en politiques budgétaires concrètes.