Guinée : Les acteurs de la santé et de la protection de Mamou s’arment de la loi pour protéger les filles

Mamou, le 21 mai 2026 – La ville a vibré au rythme d’un engagement fort en faveur des droits humains. Du 20 au 21 mai 2026, l’Inspection régionale de la Femme, de la Famille et des Solidarités, en partenariat avec l’UNICEF, a organisé un atelier de formation capital. Objectif : outiller 45 participants – professionnels de la santé et acteurs de la protection venus des différentes préfectures de la région – sur les textes de loi qui interdisent et sanctionnent les Mutilations Génitales Féminines (MGF).

Durant quarante-huit heures de travaux intenses, la facilitatrice et les participants ont passé au crible la problématique des MGF à travers plusieurs modules clés :

  • ​La définition et la cartographie des MGF ;
  • ​Le rôle crucial des soignants et des agents de protection dans la prévention ;
  • ​La maîtrise des techniques d’animation, l’utilisation d’outils de sensibilisation (comme les boîtes à images) et la remontée des données ;
  • ​L’éthique professionnelle et les implications juridiques liées à la pratique.

​Les travaux se sont clôturés par la rédaction d’un rapport de synthèse et l’élaboration de plans d’action concrets par les participants.

​La satisfaction était palpable du côté des bénéficiaires. Fatoumata Arkia Bah, travailleuse sociale à la direction préfectorale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Pita, a tenu à saluer les acquis de cette rencontre :

​« Cette formation nous a permis de mieux cerner les causes et les lourdes conséquences des MGF sur les femmes et les filles, grâce à des cas pratiques. Nous maîtrisons désormais les dispositifs légaux de protection. Nous avons surtout compris que cette lutte n’est pas uniquement l’affaire des autorités ou des ONG, c’est une responsabilité collective. »

De son côté, Abdoulaye Diallo, Inspecteur régional de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Mamou, a félicité l’assistance tout en rappelant la complexité de la mission sur le terrain :

​« Nous savons que ce n’est pas facile. Dire non à une pratique aussi ancrée revient parfois à s’opposer à sa propre famille ou à son entourage. C’est justement parce que c’est difficile que votre engagement a de la valeur. Sur le terrain, je vous demande des gestes simples : parlez aux mères lors des consultations prénatales et des séances de pesée. Documentez les cas sans juger, et signalez immédiatement dès qu’une fille est en danger. »

Pour clore les travaux, le gouvernorat de Mamou a apporté son soutien institutionnel par la voix de son directeur de cabinet, Mamadi Kandia Keita. Ce dernier a insisté sur la responsabilité qui pèse désormais sur les épaules des participants :

​« L’existence des lois ne suffit pas à éradiquer un fléau profondément ancré. La loi n’est qu’un outil ; c’est votre action sur le terrain qui lui donne sa force. En tant qu’agents de santé et de protection, vous constituez la première ligne de défense de ces enfants. « 

Avec des acteurs désormais mieux outillés et déterminés, la région de Mamou franchit un pas de plus vers la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines.

De Mamou, Alpha Sylla pour Bcmedias.com

Leave A Reply

Your email address will not be published.