Mouctar Kaba « Spartacus » : l’itinéraire d’un officier d’exception à la tête des opérations spéciales
Le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, a procédé le 15 août 2026 à la nomination du général de brigade Mouctar Kaba, dit « Spartacus », à la tête du Commandement des opérations spéciales (COS), une structure stratégique créée en avril 2026 pour coordonner les unités d’élite et d’intervention des armées sous l’autorité du chef d’état-major général et du chef de l’État.
Cette nomination consacre un parcours militaire construit pas à pas, sans raccourci ni précipitation, au sein des forces spéciales guinéennes.
Selon des sources proches de l’institution militaire, Mouctar Kaba aurait grandi dans le sillage de l’armée guinéenne, son père ayant lui-même occupé des fonctions de commandement militaire. Avant la création des forces spéciales, il aurait servi au sein du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), une unité réputée pour la rigueur de sa formation. Cette empreinte familiale et ce passage par l’une des unités historiques de l’armée guinéenne éclairent, selon plusieurs observateurs, la trajectoire d’un officier qui n’a jamais brûlé les étapes.
Avant d’accéder à ce commandement stratégique, le général Kaba occupait déjà des fonctions de premier plan : commandant adjoint des forces spéciales de Guinée au moment de la prise du pouvoir par le CNRD, il avait ensuite été nommé par décret le 23 janvier 2024 commandant des forces spéciales de Guinée, succédant à ce poste au général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, qui l’occupait depuis la création de l’unité en 2019. Sa montée en grade s’est confirmée le 6 mars 2026, date à laquelle il a été promu général de brigade, aux côtés de plusieurs autres officiers supérieurs.
À la tête du COS, le général Kaba est désormais chargé de superviser des opérations à haute intensité et à haut risque, secondé par le lieutenant-colonel Elhadj Baba Barry, surnommé « Aigle », qui occupait jusqu’ici le poste de commandant adjoint du Groupement des forces spéciales (GFS). Cette nomination, intervenue moins de quatre mois après la création officielle du commandement, ouvre une nouvelle phase de sa carrière — celle d’un officier dont le parcours, de la caserne paternelle au sommet des forces spéciales guinéennes, incarne la rigueur et la discrétion attendues à ce niveau de responsabilité.
Par David Touré — New York