Trafic de cocaïne à Conakry : Deux passeurs « in-corpore » arrêtés à l’aéroport

CONAKRY – L’Office Central Anti-Drogue (OCAD) a présenté à la presse, ce mardi 19 mai 2026, deux individus arrêtés à l’Aéroport international Ahmed Sékou Touré. Les suspects tentaient d’exporter de la cocaïne vers la Tunisie en utilisant la méthode de l’ingestion.

​Les deux présumés trafiquants, interpellés au début du mois de mai grâce à la vigilance des agents de la brigade aéroportuaire, sont :
​Mamaïssata Kaba (26 ans) : Arrêtée dans la nuit du 5 mai avec 68 boules de cocaïne dans l’estomac, soit 0,96 kg.

Mohamed Barry (33 ans) : Interpellé dans la nuit du 12 mai après avoir ingéré 77 boules, représentant un poids de 1,12 kg.
​Selon le Commissaire divisionnaire de police et Directeur central de l’OCAD, Abdoulaye Sangaré, c’est une technique pointue d’analyse et d’interprétation comportementale qui a permis de repérer les deux passeurs au milieu des voyageurs.

L’enquête a révélé deux profils bien distincts :
​Mohamed Barry, le transporteur chevronné :
Le suspect de 33 ans n’en était pas à son coup d’essai. Lors des interrogatoires, il a avoué avoir déjà effectué huit voyages vers la Tunisie, dont cinq consacrés au trafic de stupéfiants.
​« J’ai été arrêté avec 77 boules. Ce n’est pas mon premier voyage. Selon les négociations, je gagnais parfois 10 millions de francs guinéens par trajet, parfois plus », a-t-il confessé face aux enquêteurs.
​Mamaïssata Kaba, la recrue piégée par la précarité :
En larmes, la jeune femme de 26 ans a affirmé qu’il s’agissait de sa toute première tentative. Sans emploi et chargée de famille, elle affirme avoir été manipulée par une tierce personne.
​« Je cherchais du travail pour m’occuper des enfants de ma défunte sœur. On m’a mise en contact avec une certaine Aïcha Diaby, qui m’a proposé ce voyage. J’avais peur, mais elle m’a rassurée en me disant qu’il ne m’arriverait rien », a-t-elle expliqué.

La Direction de l’OCAD a indiqué que les deux suspects ont été officiellement déférés devant le Tribunal de première instance de Mafanco. Ils seront poursuivis conformément aux articles 812, 821 et suivants du Code pénal guinéen, qui répriment sévèrement le trafic de substances illicites.

Ben Youssouf

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